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Ancien 02.11.2013, 20:28   #11
Caelir
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"Sadness ? Voilà qui est bien triste comme nom !"

Le gardien de nuit me regardait d'un oeil amusé, derrière la vitre du guichet. Mon nom semblait le faire rire, et il était fier de sa plaisanterie. Il souriait, se retenant de rire, de sa blague enfantine. Moi pas.
Devant mon visage de marbre, son sourire s'effaça, et il baissa la tête vers ses dossiers.

"Vous disiez donc ...

- Caelir Sadness, et Alizé Sadness. Nous sommes frère et soeur et aimerions parler au dernier prisonnier incarcéré, John McCarter. "


Je jetais un regard à Cassandre, qui venait de répondre d'un ton sec au flic.
Il était facile de deviner que nous n'étions pas de la même famille, malgré nos cheveux d'un même noir, qui auraient pu passer pour un air de famille. Elle était d'un naturel gracieux, tandis que je semblais un peu plus maladroit. Mes yeux étaient d'un brun délavé, tandis que les siens d'une noirceur profonde, dans lesquels brillaient l'exaspération.
Voilà plus d'une heure que nous attendions à la prison du coin, et cela devenait franchement ... ennuyant. Le personnel était réticent, et voir débarquer deux ados en pleine nuit, souhaitant parler à un meurtrier récidiviste devait leur sembler bizarre.
Le gardien releva la tête et nous observa d'un oeil méfiant, mais las.

"Vous êtes de sa famille ? Des amis ?

-Non, on souhaite juste s'entretenir avec lui.

-A quel sujet ? Vous comprenez bien que vous pourriez passer pour des complices, sans explication valable ... "


J'ai vu Cassandre serrer le poing, et j'ai espéré qu'elle ne perdrait pas son sang froid avant l'heure. C'est d'une voix posée, mais qui semblait gronder, qu'elle répondit au gardien :

"Ça, ça nous regarde. Melez vous de vos affaires. Vous n'avez aucune raison majeure de nous empêcher de lui adresser la parole, nos papiers sont en règle, et le laisser passer que je vous ai fourni également. "

Je ne m'expliquais d'ailleurs toujours pas où elle avait dégoter ce papier. Elle semblait assez doué dans le domaine de la manipulation des pensées d'autrui, et je ne doutais pas un seul instant qu'elle n'ait fait aucun effort pour obtenir ce qu'elle souhaitait ...
Le flic est devenu blanc comme un linge -de peur ou de fureur ? les deux étaient probable - tandis qu'il faisait un vague geste de la main.

"Je t'autorise pas à me parler sur ce ton, gamine ... Allez attendre par là, et tenez vous tranquille, ou vous aurez des soucis. "

Il rabaissa la tête et se replongea dans ses papiers. Je suivis Cassandre jusqu'a une petite salle d'attente, que nous avait indiqué le gardien.
Il n'y avait pas de porte. Les murs étaient blanc, abîmés. Le papier peint s’effritait, et la poussière recouvrait les affiches écornées. Une petite rangée de chaises était poussée contre un mur. Nous nous sommes assis cote à cote, tandis que l'horloge murale indiquait 21h 23.
Nous parlâmes à voix basse, dans le cas où une oreille indiscrète nous écouterait.

" Gabriel ?

- Oui ?

- Pourquoi tu t'obstines à ne sortir que de nuit ? Tu sais très bien que le soleil n'est pas mortel, il nous affaiblit simplement. Je penses que tu devrais aller au lycée, comme tout le monde."


Je serrais les lèvres, tandis que sa question restait en suspens.

"Tu y vas, toi ?

-Evidemment ! Je suis les cours comme n'importe quelle élève ... Enfin j'essaye. Il n'est pas rare que je n'y aille pas pour me reposer de ma vie nocturne.

- ... Ecoute. Même en tant qu'humain, j'étais asociale. La compagnie des gens me fait peur, et je ne la trouves pas nécessaire.

- Tu trouves ma compagnie inutile ? "


J'ai cru que sa voix tremblait. Ce n'était peut être qu'une impression. J'ai doucement serré sa main.

"Toi, c'est différent.

- Tu y réfléchiras ? je t'aiderais à t’intégrer, si besoin.

-J'y réfléchirais. Mais je ne te promet rien. "

Elle a sourit, et moi aussi. J'ai sortit l'anneau qui était dans ma poche de jean, et je lui ai tendu.

"Tiens. J'ai pensé qu'il te plairait."

Elle l'a passé à son doigt. L'anneau était noir, avec des filaments blanc. Le contraste avec sa peau pale le rendait assez étrange.
Elle à déposé un baiser sur ma joue


"Il est très beau merci."

J'allais lui demander pourquoi elle était si distante depuis un an, mais le flic nous a interrompu, tandis qu'elle reculait son visage du mien. Le gardien à levé la tete de ses papiers, et à simplement dit, d'une voix fatiguée :

"Vous pouvez y aller. Cependant, votre discussion sera sous surveillance sonore et visuelle.

- Sonore aussi ? "


Cassandre l'a regardé avec insistance. L'homme a pâlit, puis a bredouillé, soudain un peu perdu.

"Sonore ... euh ... "

Puis son visage a retrouvé son expression fatigué et lasse, tandis qu'il ajoutait.

"Oh non ... quelle idée !"

Décidément, le don de Cassandre m’impressionnait. En un an, elle était passé du simple acte de lire dans les pensées, à pouvoir maintenant influencer les choix et les décisions d'autrui. J’espérais juste qu'elle ne faisait pas la même chose en cours. Le sourire amusé qu'elle m'a adressé m'a rassuré. Il faut croire que non.
Nous nous sommes levés d'un seul mouvement. Nous l'avons suivis jusqu'a une nouvelle salle, dans laquelle un homme menotté attendait, se balançant sur sa chaise. Dans chaque coin, une caméra filmait la scène.
L'homme, en tenu habituelle de prisonnier, avait les cheveux courts, et une barbe de quelques jours. Il ne portait pas de cicatrices apparentes, et n'était pas spécialement imposant. Il avait l'air de tout, sauf d'un criminel. Ses yeux verts luisaient pourtant d'une mesquinerie et d'un sens tactique évident. cet homme était malin, et ne se ferait pas facilement avoir par une quelconque supercherie.


"Vous avez dix minutes."

Le gardien a claqué la porte. Nous nous retrouvâmes seul avec l'homme. Mon regard passa sur les caméras, dont les micros étaient certainement coupés.
Je m’apprêtais à entrer dans le vif du sujet, mais c'est lui qui a pris la parole.


"Vous êtes des vampires, n'est ce pas ? Et vous êtes là pour m’interroger.

-Comment savez vous ...

-Asseyez vous. Nous avons des choses à nous dire. "


Il nous a désigné d'un geste deux chaises, devant la table où il avait apposé ses mains, ayant cessé de se balancer.

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Ancien 09.11.2013, 11:26   #12
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"Le mieux serait que vous commenciez par vous présentez, je penses ... Surtout que je suppose que vous connaissez déjà mon nom ? "

L'homme nous fit un large sourire. Ses dents était jaunies par le tabac, tandis qu'il tapait frénétiquement de son index sur la table rudimentaire.

"Et par pitié ... évitons les pseudonymes, c'est d'une bassesse !"

Il mit sa main sur son front, et prit l'air surjoué d'un acteur de tragédie antique, insatisfait de la pièce qu'il représenterait. Il resta un moment ainsi, les yeux fermés, avant de reprendre son air "normal", frappant toujours plus vite la table de son index.

"Je m'appelle Gabriel, et voici Cassandre ..

-Sadness ?

-Je vous demande pardon ?

-Gabriel Sadness ? Tu es le fils de William ? "

Mes yeux s'agrandirent de stupeur. Le sourire de l'homme s'élargit, dévoilant un peu plus ses dents jaunies. Il finit par éclater de rire.

"Je le savais ! Tu lui ressemble comme deux gouttes d'eau ! Enfin, lui ressemblait ... quoique maintenant vous êtes aussi pale l'un que l'autre !"

Je restais muet, tandis que l'homme riait de plus belle. J'ignorais si je devais m'énerver ou éclater de rire. Devant sa stupidité bien sur. C'est Cassandre qui reprit la parole.

"Vous avez connu William ?

- Evidemment ! On a même chassé ensemble, pendant un temps ... Jusqu’à ce qu'on s'engueule. A propos de la façon de vous tuer, vous autres ... Les aberrations nocturnes de la nature !"


Il a craché par terre, avant de recommencer à se balancer sur sa chaise. Son sourire devint narquois, tandis qu'il poursuivait, les yeux rivés sur nous.

"Moi j'étais pour vous planter une dizaine de lames dans le corps, avant de vous écorchez encore vifs ... Ou bien vous brûlez, vous aspergez d'eau bénite ... L'option la plus douloureuse. Lui, il voulait simplement vous tuer de la manière la plus bref, la moins douloureuse, et la plus "humainement" possible ...
En tout cas crois moi. Si il savait quelle pourriture tu es devenu, il te renverrait directement dans la fosse d'ou tu viens. Et il doit se retourner dans sa tombe de rage de ne pas pouvoir le faire !"


L'homme éclata d'un grand rire. Je l’observais, calme. Puis je tapa d'un grand coup du plat de la main sur la table, provoquant un fracas qui couvrit son rire. L'homme cessa de rire mais gardait sur les lèvres un sourire narquois. D'une voix calme et posée, je reprit :

"Ecoutez ... Nous ne sommes pas venu pour entendre ce discours çi. Je ne sait pas quelle correction mon père m'aurait adressé pour être devenu une créature nocturne, mais vous pouvez être sur que si vous dites encore un mot dans ce genre çi, moi je vous corrige ..."

Je lui fit un grand sourire tandis que le sien disparaissait. Peut être était il un chasseur, mais dans l'état actuel, désarmé et menotté, je n'aurais aucun mal à le saigner avant de lui tordre le coup. Cassandre, commença à lui poser quelques questions, tandis que je plongeais dans mes pensées.

Elle m'avait parler de mon père. C'était un homme bon, qui ne portait aucune haine aux créatures de la nuit. Cependant, elle ignorait pourquoi il suivait cette vocation ...
L'une des réponses de l'homme m'a sortit de ma rêverie.

"Non pas cette fois. Le bonhomme est mort, sans que je le touche.

-Et que faisiez vous dans les parages ?

-Je chassais, figure toi, gamine ! Et j'ai retrouvé ma proie morte. Enfin, une fois de plus.

-La victime était un vampire ?

-Comme je te le dis ! Un foutu tas de vers ambulant ! "

Cassandre ne fit aucun commentaire sur cette comparaison peu flatteuse. Cependant, elle lança à l'homme un regard qui le fit tressaillir. J'ai poursuivit, avant qu'elle ne perde son sang froid.

"Et le meurtrier présumé, un loup ou un humain ?

-Ni l'un ni l'autre mon gars. Un vampire, comme vous deux. Je suis arrivé quand il empalait l'autre. Fichu macabet ! Même pas eu le temps de dégainer mon arme qu'il s'était tiré. La police est arrivée après, un voisin avait du leur téléphoner. Résultat : je me retrouve encore en taule...

-Et 'est tout ce que tu mérites. Viens Cassandre, on y vas. "

Elle fit oui de la tête, tandis que nous nous dirigeâmes vers la porte, tapant deux coups brefs. Le flic vient nous ouvrir, la mine plus fatiguée que tout à l'heure.
L'homme nous lança un dernier salut narquois tandis que nous passions la porte.

"Bonne nuit les jeunes ! Et prenez garde au grand méchant loup ! "

Son éclat de rire retentit longtemps dans le couloir, après que la porte soit fermée.

La nuit était fraîche. Dans le ciel, quelques étoiles brillaient d'un éclat pale, tandis qu'un croissant de lune ornait ce tableau céleste. Une léger vent froid chassait les cheveux de mon visage, tandis que ceux de Cassandre voletait légèrement derrière elle.
Nous marchâmes, silencieux, de longues minutes. Dans les rues, nous ne croisâmes que quelques promeneurs, et un ou deux chiens errants. Je rompit le silence, tandis que nous quittions le trottoir de la rue, pour traverser la route grisâtre.

"Et maintenant ? Qu'est ce qu'on fait ?

-Je ne sais pas ... On ne sait pas où se trouve ce vampire, et la police a déjà du fouiller les lieux du meurtre ... On est coincé.

- ... Ça a tant d'importance pour toi ?

-Ça m'intrigue disons.

-Je vois "

J'ai sourit doucement, tandis que Cassandre riait. Nous fîmes encore quelques pas, entrant dans le quartier de l'orphelinat. Tandis que nous dépassions la fontaine de la place de l'église, où l'eau s'écoulait en un long et perpétuel clapotis, je crus voir une ombre bougée devant nous.

"Tu as vu ?

-Oui ... On n'est pas seul. "

A peine avait elle prononcé ces mots, qu'un vampire sortit de l'ombre. En complet costume noir, des gants rouges revêtaient ses mains. Son regard bleu nous scrutait, tandis que ces cheveux argentés brillait dans la lumière de la lune. Il à hoché la tète, avec un sourire navré.

"Cassandre, Cassandre, Cassandre ... Je ne pensais pas te revoir dans ces conditions.

-Tu le connais ? "

Son regard semblait le certifier, mais il brillait également de stupeur ... et de crainte.

"Depuis ce jour où je t'ai sauvé dans la ruelle, je t'ai observé de loin tu sais ... Mais tu n'aurais jamais du te mêler de nos affaires.

-Nos ? "

Ce seul mot prononcé par Cassandre fut le seul que j'entendit, avant de sombrer dans le noir, sentant une forte douleur à l'arrière du crane, tandis que je m'écroulais sur le pavé.
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Ancien 10.11.2013, 17:51   #13
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Ma tête me faisait mal. Une douleur sourde à l'arrière du crane, estompant celle qui m***8217;entravait la mâchoire, signifiant que la soif de sang s'éveillait. J'ouvris les yeux.
Tout était noir. A mes narines parvenait une odeur de bois, du pin. Je levais les main, tâtant autour de moi. Un grand couvercle interrompit mon mouvement, tandis qu'a ma droite et à ma gauche, le même problème se posait. On m'avait enfermé dans un cercueil de bois.

Le couvercle avait été cloué, si bien que mes multiples coups ne suffisaient pas à le soulever. Une impression de mouvement m'emplissait tout entier. En tendant l'oreille, un bruit de roulement régulier me parvint, ainsi qu'un long sifflement. Derrière l'odeur du pin, je percevait également le charbon et la fumée. J'étais à bord de l'un de ces fameux trains à vapeur, que l'on n'utilisait pourtant plus depuis longtemps. Me concentrant toujours plus sur les odeurs qui traversaient le bois, je perçut l***8217;arôme caractéristique d'un fleuve, et de grands pâturages.

Me saisissant de la croix d'argent qui pendaient toujours à mon cou, j'entrepris de gratter le bois avec la pointe, effilée comme une lame de rasoir. Les minutes passèrent lentement, tandis que je gagnais centimètres après centimètres. Vint enfin le moment où un trou se forma. Je l'agrandis à l'aide de ma croix, et lorsque il me parut suffisamment large, je donna un grand coup de poing en travers. Le bois céda comme une brindille. M' appuyant sur ma main à l'air libre, je m***8217;extirpais tout entier.

Ma tête me lança, a douleur se réveillant sous les gestes brusques. Je sortit du cercueil de bois, passant mon regard aux alentours. Le wagon était simple, tout en fer. Il n'y avait rien mis à part quelques caisses et l***8217;***339;uvre de bois qui m'avait servi de prison. Autour du trou, une large tache de sang s'étirait. Je jetais un ***339;il à ma main gauche : elle était ensanglanté, des morceaux de bois bordant la plaie. Étouffant un juron, j'arrachais un morceau de la manche de ma chemise, et la transformais en bandage improvisé. Le tissu blanc vira vite au rouge. Je poussais un soupire.

Ma pèlerine était déposée dans un coin du wagon. L'ayant tâté à la suite de mes poches, je conclus rapidement qu'on m'avait retiré mes armes. Sortir d'ici ne serait pas aussi aisé que je me l'imaginais ***8230; Mais je devais tout d'abord retrouver Cassandre. Ensuite nous essaierons de trouver un moyen de sauter de ce train en marche sans y rester.

Je m'approchais de la porte du wagon. Verrouillée, évidemment. Par le fenêtre, je pouvais apercevoir la campagne que traversait le train, filant à toute allure à travers la nuit. Je ne reconnaissais pas ces étendues vertes émeraudes, ni ces fleuves s'écoulant paisiblement dans la nuit, leur pale surface reflétant le firmament picté d'étoiles, brillant chaleureusement au dessus de nos têtes.
Je me détourna de la porte pour revenir au milieu du wagon. Les fenêtres n'offraient sûrement aucun appuis une fois à l***8217;extérieur. En dépit d'une solution valable, je levais la tête. Une fenêtre se découpait sur le toit , par de là laquelle je pouvais apercevoir la lune, pleine.

«Très bien ***8230; On va faire avec»

Je me saisi de l'un des débris du cercueil, et avec force le projeta sur le carreau. Celui çi se fêla mais ne se brisa pas. Au bout de deux autres tentatives, le bruit caractéristique du verre qui se brise retentit enfin dans le wagon. Je poussa l'une des caisses jusque en dessous de la fenêtre, puis recula de quelques pas .
Je m***8217;élançais. Gagnant rapidement de la vitesse, je posais un pied sur la caisse et sauta. Mes mains se refermèrent sur le bord de la vitre. Les quelques morceaux de verres qui n'étaient pas tombés pénètrent ma peau, m'arrachant un gémissement de douleur. Je me hissa sur le toit.

Dehors, la nuit était magnifique. La lune éclairait les vastes prairies, mouillées par une pluie qui avait du tomber ces derniers jours, les faisant briller et resplendir. De long ruisseaux s'écoulaient en travers de ces étendues émeraudes. Le vent soufflait avec virulence, faisant claquer ma pèlerine, soulevant mes cheveux noirs. J'avançais d'un pas prudent vers la locomotive.
Selon les virages, la fumée m'envahissait parfois, m***8217;ôtant la vision du train, me piquant les yeux. Au virage suivant, je suffoquais, tentant de ne pas perdre l'équilibre.
Ce n'est qu'au bout de plusieurs dizaines de minutes que je mis un pied sur le wagon qui précédait la voiture de tête. Qu***8217;espérais je y trouver ? Mes armes peut être, ou quelques chose d'utile. Peut être aurais je même l'occasion de stopper ce train, dont j'ignorais toujours la destination. Égaré dans mes pensées, je ne prit par garde au tunnel qui approchait. C'est au dernier moment que je me couchais sur le toit, m'évitant ainsi un aplatissement net et douloureux. Le trajet dans le noir complet ne fut que de quelques instants. Lorsque la clarté de la nuit illumina de nouveau le train, j***8217;étais pour ma part noir de suie. Du moins ma pèlerine et mon visage. Une quinte de toux me secoua, tandis que je me remettais sur mes pieds.

Au bout du wagon, je descendis par la petite échelle de métal rouillé qui donnait sur le marchepieds, menant à la locomotive. A peine avais je posé pied au sol, que la porte derrière moi s'ouvrit, et que deux bras me saisissaient par les épaules, et me tiraient à l***8217;intérieur du wagon. La porte se referma.

Je me débattit furieusement, jusqu'à m***8217;extirper de l'étau que formait les bras puissants. Je recula jusqu'au milieux du wagon. Six personnes, quatre hommes et deux femmes, m'entouraient, chacun pointant vers moi une arme. Deux étaient armés de fusils, un d'un pieux et l***8217;autre d'une rapière. Les deux femmes, quant à elles, tenaient un revolver et avaient un couteau passé dans leur ceintures. La situation en elle même me semblait assez désespérée.

«Bon, cela suffit. Baissez vos armes.»

Ils s***8217;exécutèrent, tandis que deux d'entre eux s'écartaient pour laisser passer celui à qui appartenait cette voix suave. Le vampire que nous avions rencontrés à la place de l'église, Cassandre et moi, avant que je ne me fasse assommer par un ou une de ces sbires.

«N***8217;emploies pas le terme «sbires» ***8230; Il s'agit de mes frères, des membres de mon clan. Un jeune vampire comme toi ne peut comprendre ce lien qui nous unit.

-Je n'ai que faire de votre clan! Où est Cassandre ?

-Elle va bien, ne t'inquiètes pas ***8230; Et toi comment te sent tu ?

- ***8230;»

J***8217;eus l'impression qu'il se fichait de moi. Je venais de m***8217;extirper d'un cercueil cloué où on me détenait prisonnier, traverser une fenêtre, remonter la totalité des wagons jusque ici, j'étais noir de suie et mes mains rouges de sang. Néanmoins, la douceur de son ton, et l'inquiétude qui transparaissait dans son regard me faisait douter.

«Tu n'as pas à t***8217;inquiéter ***8230; Nous ne te voulons pas de mal.

-Vos paroles manque quelque peu de crédibilité, surtout venant d'une personne qui n'a qu'un ordre a donné pour que vos «copains» m'abattent de sang froid.»

Il éclata de rire. Un rire franc et clair qui retentit dans le wagon.

«En effet, en effet ***8230; Et que vas tu faire ?

-J'y réfléchis encore, figurez vous ***8230;

-***8230; Je suppose que nous rejoindre ne t***8217;intéresses pas ? Tu as l'air d'un jeune homme sur qui on peut compter, et nous pourrions essayer de développer ton don, ensemble ***8230;

-Peut être ne me vous auriez pas séquestré, j'aurais pu envisager cette possibilité. Cependant, je n'ai aucun don

-Et le fait de pouvoir maîtriser les rêves ? Tu sais que lorsque l'on est mort, on ne rêve pas, en théorie ***8230; N''appelles tu pas ça un don ?

- ***8230;

-Tant pis alors ***8230; Abattez le .»

Les membres de son clan pointèrent leur armes sur moi, à nouveau. Le vampire fit un sourire navré.

«C'est vraiment dommage ***8230; Gaspiller ainsi un don. »

Il me tourna le dos, et se dirigea vers la porte. La plupart avaient le doigt crispé sur la détente. Je réalisais que pour moi, c'était terminé. Aussi fermais je les yeux, me concentrant sur le rêve le plus agréable que j'ai fait, mon plus heureux souvenir. Ce n'est pourtant pas lui qui se matérialisa dans ma mémoire, mais un affreux cauchemar.
Lorsque j'ouvris les yeux, je ne m'en rappelais pas, mais j'étais toujours en «vie». A peines quelques secondes s'étaient écoulées. Ceux qui me menaçaient semblaient à présent pris de démence, hurlant, courant en tous sens, se heurtant. Le vampire se retourna et regarda d'un ***339;il effaré la scène, que je regardais moi même d'un ***339;il stupéfait.

«Que leur as tu fait, fils de Cauchemars ?

-L'instinct de survie je suppose ***8230; Mais comment venait vous de m***8217;appelez ?»

L'instant suivant, je sentis le contact d'une lame froide sur ma gorge. Je connaissais bien la voix qui me répondit, et un frisson
d'effroi me parcourut quand la douce mélodie des intonations de Cassandre retentit à mon oreille.

«C'est ainsi que l'on nomme ceux qui ont ton don, comme je suis moi même télépathe ***8230; Bien que le tiens soit beaucoup moins répandu. Sois gentil et met un genou à terre tu veux bien.

-Cassandre ? Mais que ***8230;

-Ne rend pas les choses plus compliquées et fais ce que je te dit.»

D'un air résolu, je concéda à obéir. Un choc frappa de nouveau mon crane, et pour la seconde fois en 48 heures, le noir s'empara de mon esprit.

Dernière modification de Caelir, 11.11.2013 à 10:39
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Par défaut Journal de Cassandre_Entrée 4

02 décembre 2007

Le train connait un nouveau soubresaut, tandis que j'écrit ces lignes d'une main tremblante. Nous roulons à toute allure à travers la nuit, (du moins aussi vite que nous le permet cette vielle locomotive), en direction de Rome, en Italie. Le voyage depuis Londres fut assez rapide, la traversée de la Manche ne durant qu'un peu plus d'un journée.

Après qu'un membre du clan ai assommé Gabriel, nous l'avons enfermé dans un cercueil de bois, et déposé dans l'un des wagons.

Je nourris l'espoir qu'il se joindra à notre cause ... Plusieurs chasseurs ont étés vu à Rome, ville d'où est originaire ce clan ... Dont le dirigeant, le comte Soradentes, n'est autre que le frère du vampire qui m'a transformée ... L'assassin du père de Caelir.
Ces chasseurs auraient déjà éradiqué plusieurs membres du clan ... Leur nombre diminue de plus en plus. Indirectement, je ressent le besoin de leur venir en aide ... Je ne suis pas un membre à part entière du clan, mais il s'agit tout de même de la famille de celui qui m'a formé ... Qui avait été le seul ami de mon éternité ... Et que j'ai moi même froidement abattu. Je me dois de faire ça pour lui.
Voilà pourquoi je m'étais rendu voir ce prisonnier ... Il ferait soi disant partit de ces chasseurs ... De plus, un vampire renégat semble roder ... Mon instinct me dit qu'il se rend surement lui aussi à Rome.
Reste Gabriel ... Sa famille semble avoir un lien avec cette histoire. J'ai entendu le nom de "Sadness" revenir plusieurs fois dans les murmures des membres... Mais ils n'ont rien voulu me dire.
Le comte doit le considérer comme dangereux, sinon il ne l'aurait pas enfermer ...

A la pensée de tout ceci, mon c***339;ur se serre. Lui qui depuis longtemps a cessé de battre me tourmente...

Un bruit me parvient du wagon de tète. Il semble y avoir du grabuge. Pourvu que Gabriel aille bien.

Cassandre.
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La falaise s'étendait telle une corniche au dessus du vide, dont je ne discernais pas le fond. Le ciel n'avait aucune étoile, et s'étendait au dessus de moi tel un linceul d’ébène. Le vent ne soufflait pas. L'air était humide, laissant quelques gouttes de rosée sur mes vêtements. A l'horizon, le ciel palissait, signe que l'aube approchait. Quelques rayons se matérialisaient déjà dans la brume qui m'entourait.
Assis sur le rebord rocheux, je regardais le soleil se lever, les pieds se balançant au dessus du gouffre. La quiétude m'envahit, tandis qu'un sourire se dessinait sur mes lèvres.
Un contact froid se fit sur ma gorge. Je tournais la tête : assise près de moi, Cassandre tenait un couteau apposé sur ma gorge. L'anneau que je lui avait offert luisait dans la pénombre, qui s’éclaircissait, tandis que le soleil se levait.


«As tu conscience que tu pourrais mourir, Caelir ? »

Sa voix retentit en long écho dans mon esprit. Ses intonations pénétraient ma chair, tout comme la lame pénétra doucement mon cou, laissant échapper un filament de sang, qui coula le long de ma gorge, tachant ma chemise, et ensanglantant ma croix.

«Je suis déjà mort, Cassandre.
-Ne joue pas sur les mots. Soradentes te tuera si tu ne rejoins pas notre cause.
-Notre ? Que peux tu avoir à faire là dedans ?
-C'est trop … Long à expliqué. Tu es destiné à l'anéantissement, tu en as conscience ?»

Je l'ai regardé. Ses cheveux brillait dans l'aube naissante, et ses yeux noirs me regardaient, neutres. Son pale visage me troublait, aussi ai je tourné la tête vers l'horizon. La brume s'étirait, si bien que mes yeux distinguaient de moins en moins ce qui m' entouraient, le paysage devenait flou.

«Je ne prendrais pas partis dans le conflit entre les races. Il a tué mon père, comme il a tué ton professeur. Même toi tu devrais comprendre ça.
-Et les garous alors ? Tu n'as pas hésité à tué le loup blanc, il y a un an, au cimetière. Et te connaissant, tu vas dire que tu voulais me protéger. Dois je me mettre en danger pour que tu te battes ?
- …
-C'est ton dernier mot ? »

Je suis resté silencieux. La brume avait emplit tout mes sens, si bien que je ne distinguais plus rien. Seule la voix de Cassandre me parvenait encore. Ses mots étaient encore distincts, clairs. Je m'y accrochais comme un mourant s'accroche à un souvenir, comme un navire s'accroche à la lumière d'un phare. Seule cette mélodie comptait pour moi, à présent.

«Tu sais … J'ai enfin saisi pourquoi tu étais si distante ces derniers temps.
-J'en suis ravie pour toi … Hélas, tu me trouveras encore plus lointaine à présent»

Sa voix s’estompa tandis que la lame pénétrait tout à fait ma gorge. Le sang s'écoulait tel un fleuve rougeâtre, accompagnant ma chute à travers le vide. Je m'enfonçait à travers les ténèbres, la douleur bien moindre face aux sentiments qui me traversaient. Mon cœur se serrait, une larme perla de mes yeux, et s'écoula sur ma joue. Cette chute ne finissait pas. J'étais prisonnier d'une descente aux enfers sans fin, sans espoir de mourir …

Je poussas un hurlement, tandis que j’émergeais de ce cauchemar.
Les chaînes qui m' entravaient les bras et les jambes se tendirent, me plaquant sur le mur de pierres froides. Encore en proie aux sentiments et au ressenti qui m' avaient traversé durant mon sommeil, je jetais un regard affolé à ce qui m'entourait. La cellule était entièrement de la même pierre que celle qui me glaçait maintenant le dos. Une vielle porte de bois me faisait face, ne possédant aucune poignée, ou trace de serrure. Le sol était taché de sang par endroit, tandis que sur les murs, s' écoulait un mince filet d'eau. Le souvenir de mon cauchemar réveilla en moi l'envie de tâter ma gorge. Cependant, les chaînes en fer rouillé qui me retenait ne cédèrent pas au moindre de mes mouvements. Mes mains étaient toujours enveloppées dans leurs bandages improvisés, maintenant en grande partie rougis. Ma chemise était elle aussi tachée de sang, et ma manche gauche (ou plutôt ce qu'il en restait après que j'en ai arraché une partie pour me bander les mains) n'était plus que lambeaux.
J'entendis derrière la porte quelques bruits de pas, ainsi que des voix étouffées. Un grincement retentit, et la porte s'ouvrit.
Soradentes (si j'en croyais mon rêve ? ), ainsi qu'un grand vampire, habillé de couleur vives, entrèrent. La porte se referma, me sembla t'il, seule, jusqu'à ce que aperçoive Cassandre s’avancer elle aussi, et se poster dans un coin de la salle.

«Bonjour Caelir …
- …
-J'ai pensé que tu serais peut être d'une humeur plus … Réceptive, disons, et dans de meilleurs conditions, afin de ré écoutez notre proposition, qui ne se fit pas tout à fait dans les règles. Aussi, j'aimerais commencer par me présenter.»


Il plaça une main contre sa poitrine et s'inclina.

«Je suis le dirigeant du clan des vampires de Rome, où nous nous trouvons actuellement, du moins, dans ces catacombes. Je suis le comte …
-… Soradentes.»

Les trois autres me regardèrent d'un œil stupéfait et effaré.

«Co … Comment connaît tu mon nom ?
-Une intuition, disons …»


Je poussais un soupire. Le comte sourit, avant de se tourner vers le vampire à la tenue colorée.

«Et voici également mon frère, qui n'est ici qu'en tant que simple observateur … Ton cas l’intéresses, il faut croire.
-Ai je l'air d'une souris de laboratoire ?»


Le fraternel en question me fit un sourire carnassier, découvrant ses canines, mais garda le silence. Le comte sourit de nouveau, tandis que le frère me regardait d'un œil qui aurait pu signifier : «Je te goûtes, et je te dis ce que j'en penses après …» … Pourtant, il brillait également dans son regard une lueur d’intérêt qui ne m’échappa pas. Le comte reprit

«J'ai également discuter de longues fois avec notre chère amie ici présente ...»

Il désigna d'un geste de la main Cassandre, adossé à un mur de la cellule, dont les cheveux noirs tombaient en partie sur le visage, masquant son œil gauche. Cependant, son regard exprimait cette neutralité qui l'habitait aussi pendant mon rêve.

«Il semblerait que, en vue de ton passé mêlé aux chasseurs, tu ne prennes pas partie dans ce conflit … Je conçois tout à fait, aussi, c'est une autre tache que je te propose … Fils de Cauchemars.
-Je vous écoutes … Et cessez de m’appelez comme ça.
-A ton aise … Tu n'es pas s'en savoir qu'un vampire quelque peu … Renégat ? Oui, voilà. Un vampire renégat courre les rues actuellement, et semble s'en prendre aux vampires, plus qu'aux humains.
-Il est à Londres, non ?
-Il se trouves actuellement à Rome, je le tiens de source sur. Plusieurs membres du clan ont croisés sa route, et peut en sont ressortis.
-Et comment voulez vous que je l’arrête, moi, si même des vampires dans la force de l'age en ont étés incapables ?
-C'est en partie ton problème .. Mais n’oublie pas que ton don peut faire bien des choses …
-Comme neutraliser une bande de vampires qui vous menacent dans un train ?
-Par exemple oui»


Le comte rit. Cet homme me semblait fort joyeux. S’énervait il de temps en temps ? Où était il toujours le sourire aux lèvres, reflétant un masque de gaieté et de joie de vivre (?!)

«Cela m'arrive oui, lorsque l'on m'exaspère un peu trop.
-C'est cette manie de lire mes pensées, que je trouves exaspérante.
-Je compatis. Cassandre, libère le s'il te plaît. »

D'un coup d'épaule, Cassandre s'éloigna du mur, rabattit ses cheveux, dégageant son visage pale, et s'approcha de mes chaînes. Elle les déverrouillas d'un geste, tandis que je retombais doucement au sol.

«Tu trouveras au fond de ce couloir des vêtements propres, ainsi que ce dont tu pourrais avoir besoin pour cette tache.
-… Qu'est ce que j'y gagne ?
- Probablement des réponses à tes questions.»

Je le regardais sans comprendre, tandis qu'il me souriait, énigmatique. Je haussais les épaules, et sortit de cette cellule. Avant de m'éloigner, j’entendis simplement un chuchotis, ainsi que le ricanement du frère de Soradentes.
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Ancien 24.11.2013, 17:19   #16
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Je fermais le dernier bouton de ma veste de cuir noir, et passais sur mes mains recouvertes de bandages propres deux gants tout aussi noirs. Ma veste ensanglantée et mon pantalon reposaient sur une chaise à quelques pas de moi. Passant de hautes bottes aussi noires que le reste, sur un autre jean encore noir, ma pensée dériva vers ce vampire renégat. Quel effet cela pouvait il avoir si l'on absorbait le sang d'un autre vampire ? Était il plus grisant, plus enivrant que le sang humain, ou nous rendait il fou ?

«Tu n'aimerais pas le savoir, crois moi ***8230; »

Je ne pris pas la peine de me retourner, tant je n'avais pas besoin d'un contact visuel pour identifier la propriétaire de la douce voix qui s'était adressée à moi.

«Que veux tu ***8230; je suis curieux de nature
-Si tu continue à te poser ce genre de questions, je peut t'assurer que tu ne seras plus grand chose. »


Je me suis retournée vers elle. Elle était vêtue entièrement de blanc, ses cheveux noirs lâchés. Sa peau pale resplendissait dans la lumière des bougies qui éclairaient la pièce. Ses deux yeux d'une profonde noirceur me fixaient. Durant un instant, je cru m'y noyer. Elle a fait quelques pas vers moi, avant d'arriver à ma hauteur. Dans ses main luisait un collier, qu'elle m'a passé autour du cou. La pierre qui y était accroché luisait d'un éclat rouge, auprès de ma croix d'argent qui paraissait si terne.

«Elle t'aideras à te concentrer ***8230; Et t' alerteras si un vampire se trouve dans les alentours »

La pierre rouge semblait flamboyer, illuminant ma croix d'un halo rouge sang. Cassandre m'a doucement sourit. J'ai détourné la tête, fixant mon attention sur la table derrière moi. Sur celle çi s'alignaient coutelas, revolvers, sacs ***8230; Je me suis saisi d'une ceinture, y ai fait coulisser le revolver de mon père ainsi qu'une dague finement ouvragée déposée sur le «buffet».

«Depuis quand est tu de mèche avec ceux là ?
-Depuis la nuit où nous les avons croiser en revenant de la prison. Après t'avoir assommé, Soradentes m'a expliqué qu'il poursuivait ce vampire depuis plusieurs mois déjà, sans avoir réussi à mettre la main dessus ***8230; J'ai décidé de les aider. De plus, les chasseurs semblent posaient des problèmes par ici ***8230;
-En quoi ce vampire l***8217;intéresse il tant ? Pourquoi met il tant d'importance autour d'un simple « cannibale» ? Et pourquoi tout ces mystères ?»

Je me suis retourné vers elle. A présent, ses yeux n'exprimait que le doute, mais le regret aussi.

«Je ne sais pas ***8230;
-***8230; Une fois ceci terminé, me raccompagneras tu à Londres ?»


Elle s'est mordue la lèvres inférieure, tenant ses mains jointes l'une contre l'autre.

«Je ne sais pas ***8230; Je ne veux pas avoir à choisir entre toi et mon clan»

Je l'ai pris dans mes bras, et l'ai doucement serrée contre moi. Elle me paraissait si fragile, que j'avais l'impression qu'elle pouvait se briser. Elle s'est laissé faire, et m'a embrassé sur la joue, tandis que je desserrais mon étreinte.

«Tu feras attention ?
-Je ferais mon possible pour ne pas y rester, mais je ne garantis rien ***8230; Et toi, que vas tu faire pendant ce temps ?
-Je penses accompagner Soradentes afin de débusquer des chasseurs ***8230;
-Prend soin de toi.
-Oui. »


Je lui ai sourit, avant de sortir de la pièce. Ne sachant pas quand j'allais revenir (et si j'allais revenir ***8230;) la mélancolie de ne pas la revoir m'habitait. J'ai errer quelques minutes dans les couloirs, mes pas me menant un peu au hasard au gré des virages. Ces catacombes étaient vraiment immenses ! M'y perdre serait aisé, aussi ai je rebroussé chemin à plusieurs reprises.

«Seriez vous perdu, mon jeune ami ? »

Lorsque je me suis retourné, le frère de Soradentes était à mes cotés.

«Pas le moins du monde ***8230; Je visite, simplement.
-Je vois ça ***8230;»


Il m'a regardé de manière étrange. Son habit coloré brillait dans la lumière des torches qui flamboyaient aux murs.

«Si, à tout hasard, vous cherchiez la sortie, vous n'avez qu'a remonter ce couloir çi ***8230; Il vous mèneras derrière le Colisée. L'endroit idéal pour commencer à mener vos recherches.
-Merci ***8230; »


Un nouveau sourire carnassier illumina le visage parcheminé du vampire. Je lui adressa un signe de tête, avant de me diriger dans la direction qu'il m***8217;avait soumise. Tandis que je longeais le mur de pierre grise, mon visage chauffant sous la chaleur des torches qui en marquaient la longueur, mes pensées me dirigèrent vers cet étrange personnage. Il semblait cacher quelque chose, et mon intuition me soumettait qu'il n'était pas étranger à cette histoire de vampire renégat ***8230;

La nuit était douce, un parfum floral embaumait l'air. Le couloir avait débouché sur une dalle qu'il m'avait était facile de soulever. Devant moi se dressait le Colisée, vestige monumental d'une gloire passée. Tout était désert. Dans l'ombre se profilait la silhouette des différentes collines de Rome, ainsi que les lumières de la ville elle même.
Je jetais un coup d '***339;il à ma pierre. Son rayonnement avait cessé, mais elle n'en restait pas oins d'un rouge intense. Aucun vampire ne semblait dans les parages, mis à part moi. Songeur, je me dirigeais vers la construction de pierre.

Le sol était seulement parsemé çi et là de buissons épineux, ou de roches. Tandis que je m'approchais du Colisée, je ne put que me faire la réflexion que de nuit, les alentours de Rome manquait cruellement d'attrait.
Le vent me porta pourtant une odeur douceâtre. Avançant de quelques pas, silencieux et rapide, je filais vers les abords du Colisée. Une jeune femme cueillait les frêles fleurs qui parsemaient le sol en travers des roches et des ronces. Je pouvais percevoir l'odeur du sang qui s'écoulait en elle, son c***339;ur qui battait, l'odeur de sa chair ***8230; Une douleur surpris mes mâchoires. Je réalisa alors que je n'avais pas bu depuis que l'on m'avais enfermer dans un cercueil. Incapable de résister plus longtemps, je m***8217;avançais vers la demoiselle.

« Vous avez besoin d'aide ?»

La jeune fille a relevé la tête.

«Oh bonsoir ***8230; Non ne vous inquiétez pas ***8230; Ça ira »

Elle a sourit et secoué la tête. Ses boucles brunes se sont soulevées, tandis qu'elle organisait ses fleurs en bouquet.

«Que faites vous donc ici, à cette heure ?
-Je ramassais ces fleurs ***8230; Elles sont plus belles lorsque la nuit est tombée ***8230; Leurs couleurs ne sont elles pas magnifiques ? »


J'ai regardé les fleurs blanches, pales. J'ai poussé un soupire, et avancer d'un pas.

«Elles sont splendides ***8230; Hélas ***8230; Vous me voyez navré, mais leurs teintes changera brusquement ***8230;
- ***8230; ?!»


Aucun mot ne franchit ses lèvres, tandis que mes canines s'enfonçait dans la tendre chair de son cou. Elle cessa de respirer, devenant aussi inerte qu'une poupée de chiffon. Lorsque j***8217;entendis son dernier battement de c***339;ur, je me retira de son cou. Elle s***8217;effondra dans mes bras. Je la déposais contre le mur. Ses yeux s'étaient fermés, et sa poitrine se soulevait faiblement. Tirant un mouchoir de ma poche, je l***8217;appliquais doucement sur son cou. Une goutte de sang y perla. Je retirais le mouchoir et l'observa. Elle était encore en vie, et c'est tout ce qui importait. Tuer les mortels ne me paraissait pas nécessaire ***8230; J***8217;essuyais le sang qui s'écoulait le long de mon menton, né des commissures de mes lèvres, dont déjà plusieurs gouttes étaient tombées sur les roses blanches de la jeune fille. J'en prélevas une de son bouquet, avant de remettre les autres dans ses mains. Je mis la rose dans la poche de ma veste, de sorte à ne pas l***8217;abîmer. Puis j'entrais dans le Colisée.
Gravissant quelques éboulis, j'admirais l'architecture. Les arcades se rejoignaient en de longs ponts rocheux, comme les portes d'un autre monde. Je pouvais imaginer les gladiateurs se battre sur la piste au centre, le fracas de leurs armes retentissant dans tout le cirque, la foule hurlante dans les gradins ***8230;
Au centre, je m***8217;arrêtais et regardais autour de moi.

« Non mais j***8217;espérais quoi, franchement ***8230; Que le vampire allait tomber du ciel et m***8217;atterir tout cuit dans le bec ? Et quand bien même je le trouvais, comment pourrais je le vaincre ? Je ne dois pas le tuer ***8230; Il doit bien y avoir un moyen de le ramener à la raison.»

Mes pensées furent interrompues par une forte sensation de brûlure. Un point laminant, qui semblait pénétré ma poitrine. J'ai baissé le regard.

Sur mon torse, la pierre flamboyait.

Dernière modification de Caelir, 30.11.2013 à 10:02
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Ancien 26.12.2013, 12:56   #17
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Un fracas retentit, tandis que je heurtait avec violence le mur de pierre. Dans un nuage de poussière, je suffoquais. M'appuyant sur les débris de la pierre blanche, je tentais de retrouver mon équilibre, me relevant. La brûlure sur ma poitrine se faisait plus insistante, tandis que je plissais les yeux, tentant de voir par delà la poussière la silhouette à qui appartenait le pas que se dirigeait en crissant vers moi. Soudainement je n'entendis plus rien. Le temps sembla s***8217;arrêter. Mon instinct me dicta mon acte avant que je ne réfléchisse, m***8217;épargnant ainsi du coup puissant qui vint s'écraser contre le mur où je me tenais un peu plus tôt. Me jetant sur le coté, j***8217;esquivais, et me réceptionnais maladroitement. Je ne distinguais toujours pas mon agresseur, noyé dans cette poussière qui m'enserrait telle une brume aveuglante. La pierre déposée sur ma poitrine ne me mentait cependant pas*: il s'agissait bien d'un vampire, et à parier, ma cible.

Il avait surgi de nul part, comme l'ombre de la mort tombant soudainement sur un quelconque quidam. Il avait poussé un cri, s'apparentant plus à un rugissement, avant de fondre sur moi, comme habité par la folie. Son premier coup m'avait atteint et surpris.
A présent, je courrais, faisant rouler les cailloux à mes pieds, en un bruit discret, qui contrastait avec la tension répandue au travers de cette brume poussiéreuse. Je ne le distinguais toujours pas, mes yeux sondant le brouillard aux alentours sans trouver la trace d'une seule présence. Une sueur froide coulait le long de mon cou, des frissons parcouraient ma peau glaciale. Devant cette menace invisible, j'avais peur. J'étais venu ici pour le tuer, mais à présent, c'est lui qui me donnait la chasse ***8230;
Je me suis réfugié derrière une colonne, après m***8217;être engouffré sous une arcade. Ma veste collait contre la pierre froide, tandis que je recouvrais mon souffle ***8230; Avant de réaliser que je n'avais pas besoin d'oxygène pour subsister. Cette certitude à l'esprit je poussa un soupire et cessa de respirer. Comme je m'y attendait, rien ne changea, et l'épuisement disparu. J'esquissais un sourire. L***8217;ouïe particulièrement fine de mon adversaire serait ainsi inutile.
Je passais la tête derrière la colonne, scrutant les environs. La poussière retombait, me laissant distinguer la piste du Colisée. Mes yeux ne s'attardèrent pas sur l'architecture et mon imagination ne dériva pas vers l'antiquité.

«Où est ce qu'il est passé ***8230;»

La piste était déserté. Sous les arcades alentours, il n'y avait personne non plus. Sur ma poitrine, la pierre luisait plus faiblement, et dégageait une chaleur moins intense. «Il s'est sauvé ? »

J'avançais d'un pas, m'extirpant de ma «cachette». Aucun bruit ne s'élevait du Colisée.

«Il n'a pas pu s'envoler ...»

Soudain, la brûlure revint, et ma pierre flamboya de nouveau. De nouveau, mon instinct me sauva la vie, développé par le pouvoir de la pierre. Je m'élançais sur le coté, tandis qu'un coup de feu retentit. La balle pénétra mon flanc gauche, m'arrachant un cri puis un juron. Je m***8217;effondrais un peu plus loin.

«Aie ***8230; Ça fait un mal de chien!»

Je me relevais tant bien que mal, appuyant ma main contre ma blessure. Lorsque je m'appuya sur le mur, je sentis un contact froid contre mon front. Le canon de l'arme s'appuyait doucement contre ma peau déjà glacée. J'ai doucement relevé la tête.

«Papa !! »

Mon père me tenait en joue. Ses canines dépassaient légèrement sur sa lèvre inférieure, et son regard, qui était d'ordinaire si calme et si doux, était complètement hagard, fou.
Il me ressemblait, d'une certaine manière. Nous avions les mêmes cheveux noirs, bien que les miens soit toujours en bataille, et les siens impeccablement taillés, mi longs. Les mêmes yeux aussi, d'un brun délavé.
J'ai balbutié, incapable d'aligner plus de deux mots*:

«Mais ***8230; qu'est ce que ***8230; ?»

Il ne souriait pas. D'un geste lent, il baissa son arme. Dans la nuit, ses canines étincelaient. S'il était le vampire que je recherchais, il me mordrait sans aucun doute. Mais cette perspective ne me parvint pas à l'idée*: je le regardais, totalement hébété.
Je ne réagis que lorsque sa main commença à enserrer mon cou, me soulevant du sol. Une parcelle de ma peau restait cependant visible, vers laquelle il se penchait déjà afin de m***8217;ôter la vie. Ma seule réaction fut de me remémorer un souvenir, qui me hantait chaque nuit, comme un rêve incessant : je me promenait avec mon père, le long d'une allée bordée d'arbres, au début du printemps. J'étais tout jeune alors : à peine dix ans. Mon père me tenait par la main, et il me racontait une histoire, dont j'ai oublié les mots et le sens.
Malgré cette même main qui serrait à présent mon cou, un pale sourire éclaira mon visage. Alors qu'une fois de plus je me résignais à disparaître, tout changea. La main qui s***8217;apprêtait à broyer mes cervicales se desserra, et je retombais lourdement au sol. Lorsque je relevais les yeux, mon père se tenait la tête de ses deux mains. Il semblait pris de démence et de souffrances. Pourtant, lorsque mon père baissa la tête vers moi, son regard n'exprimait que la gratitude ***8230; Je ne comprenais pas. Ses lèvres, entre deux grimaces, formèrent une demande silencieuse.

«Tire»

Je lui portais un regard effrayé, incapable d'esquisser un geste. Je ne pouvais qu'imaginer tout les mots qu'il avait voulu me faire passer dans cette unique syllabe ***8230;
Il s'effondra à genoux. Je ne réfléchissais plus: je me saisi de mon arme, et releva le cran d***8217;arrêt.

A Rome, cette nuit, le silence et le calme nocturne furent rompus par un unique coup de feu, mais qui sembla résonner comme un millier d'éclairs, déchirant le ciel noir pendant les soirs de tempêtes.

Les gouttes de sang tachaient ma veste comme de sanglantes étoiles dans une nuit sans lune. Je laissais échapper mon arme, les larmes inondant mon visage. Je voyais à peine le corps ensanglanté de mon père, tandis que mon revolver heurtait doucement le sol.
Aucun sentiment ne m'habitait. Mon c***339;ur était pour la première fois aussi mort que pourrait l***8217;être celui d'un vampire ***8230; J'ai saisi le corps inerte de mon père, et suis sortis du Colisée.
Dans la nuit qui commençait déjà à pâlir à l'horizon, j'ai enterré mon père derrière les ruines ***8230; A nouveau.
Tandis que je regagnais la dalle menant aux catacombes, les événements prenaient forme dans mon esprit. J'en saisissais toute l'horreur ***8230; Mon père était mort, et quelqu'un l***8217;avait ramené à la vie ***8230;. Et je l'avais tué à nouveau.
Mes soupçons pesèrent immédiatement sur Soradentes et son frère. C'est eux qui m'avaient envoyé là bas, et ils laissaient toujours planer un certain mystère autour de ce vampire ***8230;. Je serrais les poings. Pourquoi avaient ils commis une abomination pareille ?
Je soulevais la dalle, et me glissais dessous. Elle retomba lourdement sur le sol, dans un bruit sourd.

Dans les couloirs, la lumière des torches luisait faiblement. Mon pas résonnait contre la pierre humide. J'avançais rapidement, en direction de la grande salle souterraine que j'avais aperçu en partant.
La porte à double battant se dressait de toute sa hauteur. Mes yeux ne s***8217;égarèrent pas sur les courbes finement ouvragées qui l'ornait. Je me contenta de la pousser violemment. Elle vint heurter le mur avec fracas, tandis que je m'avançais dans la salle.
Un grand tapis de velours recouvrait le sol, tandis qu'un lustre pendait au plafond. Nombreux étaient les tableaux d'illustres vampires ornant les murs. Le comte était assis au bout d'une table, à sa droite son frère, et une assemblé de vampire occupait les autres chaises. Je me campa devant la table, sans dire un mot. Le silence prit place. Un lourd silence. Ce fut le frère du comte qui le rompu, accompagnant ses paroles d'un vague geste de la main, évasif.


«Laissez nous, s'il vous plaît...»

Les vampires se levèrent les uns après les autres, avant de se diriger vers la porte que je venais de franchir. Certains me jetèrent un regard étonné, parfois mauvais. Derrière eux, la porte se referma.

«Et bien Caelir, tu as éliminé ta cible ?»

J'ai perdu mon calme.

«Comme avez vous pu faire une chose telle que celle çi ?! Vous êtes réellement des monstres !»

Le comte et son frère me fixèrent d'un ***339;il effaré.

«Mais enfin ***8230; De quoi parles tu ?

-Inutile de paraître étonné ! Je ne sais pas comment vous avez fait pour transformer mon père défunt en vampire, mais m'obliger à le tuer moi même relève du sadisme !»

Le comte se releva doucement. Il avait perdu son sourire, et son regard reflétait l'inquiétude. Il me répondit d'une voix calme et douce.

«Je t'assures que je ne vois pas de quoi tu parles ***8230; Nous n'avons jamais réveiller un mort afin de le transformer ***8230; J'ignorais même que cela était possible !»

Je m***8217;apprêtais à répliquer lorsque la porte s'est ouverte violemment. Un vampire est entré dans la salle, vraisemblablement paniqué.

«Seigneur, le groupe envoyé afin de tuer les chasseurs est revenu, en grande partie décimé ! Les chasseurs les ont suivis et sont en route ***8230; Et Cassandre a disp...»

Un coup de feu a interrompue son discours. Il s'est effondré, et derrière lui, un chasseur à surgi, foulant au pied le corps de sa victime. Le canon s'est porté sur moi, et un second coup de feu à retentit. Cette fois, c'est le chasseur qui s'est effondré. Je me suis retourné d'un geste. Le frère du comte avait un pistolet fumant à la main. Il venait de me sauver la vie.

«Écoute Caelir, nous reparlerons de tout ceci plus tard. Je doutes que celui çi était tout seul, et d'autres ne vont pas tarder à surgir. Si tu veux nous aider, je t'en serais profondément reconnaissant. Mais pour l'heure, le sang va couler.

-Il a parlé de Cassan...

-J'ai entendu oui. Je te promets d'y réfléchir, mais pour l'heure je dois protéger les miens.»

Sur ce, le comte s'est tut. Puis, accompagné de son frère, il s'est précipité en dehors de la pièce. J'ai hésité ***8230; Puis j'ai tiré de ma ceinture mon revolver, et je l'ai armé. Ce soir, je devrais mettre de coté mon raisonnement vis à vis de cette guerre insensée ***8230; Comme l'avait clairement annoncé Soradentes, le sang allait couler.

Dernière modification de Caelir, 02.01.2014 à 19:22
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Ancien 18.03.2014, 21:36   #18
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06 avril 1999 : Dossier 294

Ce soir , papa est rentré tard. Mon réveil était en panne à cause de l'orage qu'il y avait eu cet après midi, mais il faisait déjà nuit depuis longtemps lorsque j'ai entendu la porte s'ouvrir doucement. Un courant d'air est parvenu jusqu’à ma chambre, et je me suis terrer sous ma couverture.
Lorsque papa est venu m'embrasser, j'ai fais semblant de dormir. Il a déposé un baiser sur ma joue et m'a murmurer "Bonne nuit mon ange."
Je l'ai entendu quitter ma chambre en faisant le moins de bruit possible. Il a poussé ma porte, la laissant entrouverte. Une raie de lumière passait par l'ouverture.
Il a rejoint ma mère dans le salon. J'ai essayé de les entendre. Ils chuchotaient :

"La petite dort ?

- Oui il semblerait.

-Ta journée s'est bien passée ?

- Oui je suis juste un peu fatigué ... Et toi ?

- Ça va ... "


Puis le niveau de leur voix à encore baissé. je ne percevais plus que des bribes, des éclats fuyants de leur conversation.

" Encore en vie ... injection ... progrès ... dossier 294"

Mes paupières ont recouverts mes yeux, et le noir s'est fait totalement. Je ne me souviens de rien d'autre, je m'étais endormie.

Cassandre.
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Ancien 23.03.2014, 18:15   #19
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Je sortis avec précipitation de la pièce. Jetant un regard sur un bout et l'autre du couloir, je ne vis personne. Le comte et son frère devaient déjà être loin. Je choisis une direction au hasard, espérant qu'elle me mènerait aux chasseurs. Mon pas résonnais sur le sol dallé, tandis que je courais, la lumière des torches illuminant furtivement mon visage à chaque enjambée.
Le couloir me mena jusqu'à une vaste salle, où la bataille faisait rage. Je ne reconnus aucun des vampires qui luttaient, et Soradentes n'était pas parmi eux. Une trentaine de chasseurs affrontaient quelques membres du clan, largement inférieurs en nombre, luttant désespérément. Les armes à feu tonnaient, les lames sifflaient, les uns hurlaient, tandis que d'autre criaient leur victoire quand leur victime s***8217;effondrait. Les sons se répercutaient contre la roche, en une cacophonie assourdissante. Un vampire lança une dague qui se ficha dans la poitrine d'un chasseur, tandis qu'il tranchait de la lame qu'il tenait dans sa main gauche la poitrine d'un humain tentant de lui tirer dessus. Une chasseresse, le visage et la veste couverts de sang, planta un pieux dans le c***339;ur d'un vampire, avant qu'une vampire n***8217;enfonce ses canines dans son cou, la vidant de son sang en quelques secondes.
Je tirait quelques balles, sans prêter trop attention à mes cibles, traversant la salle au pas de course. Je ne sais si les projectiles eurent l'effet escompté. Je ne m'étais appliqué que de manière à être sur de ne pas toucher les «miens». Toute cette violence me laissait un semblant de nausée.
Les balles perdues sifflaient autour de moi, les hurlements, les cris emplissaient mes oreilles. Des gerbes de sang couvraient les murs, telle une macabre peinture. Je foulais aux pieds des cadavres, humains ou non. Des cadavres aux membres parfois éparses, aux visages meurtris, aux poitrine défoncées. L'odeur de la poudre, et l'odeur de la mort parvenait à mes narines. Je l***8217;inhalait malgré moi, et tressailli lorsque je me sentis apprécier cette odeur. Une subite détonation, accompagnée d'une douleur à l'épaule gauche, me ramena subitement à la réalité.
Je fus un instant hébété, contemplant mon épaule qui saignait, qui me brûlait, tandis que de la blessure suintait le liquide rouge. Une grimace de douleur s'affichait sur mes traits, tandis que je sentais l'eau bénite commencer à circuler dans mon bras. Celui çi commençait à exhaler de la fumée, une odeur de brûlé s'élevait autour de moi. Je n'ai pas su d'où venait la balle. Fou de douleur, je me jetais sur le premier homme à ma portée. Je plantais mes canines dans le creux de son cou, tandis que de ma main valide, je le coinçais contre la paroi. Il se débattit. Hélas pour lui, mon étreinte mortelle ne se desserrait pas. Je me gorgeas de sa vie jusqu'à ce qu'il ne reste plus la moindre goutte de sang dans son corps. Je le relâchais, et il glissa mollement contre le mur jusqu'à s***8217;affaler sur le sol de pierre froide. J'enjambais son cadavre, et m***8217;empressais de sortir de la pièce.
Par je ne sais quel miracle, je puisais encore en moi la force de mettre un pied devant l'autre. Mon bras gauche était devenu totalement inerte, inutilisable, tandis que des éclairs de douleur le parcourait régulièrement. Mon épaule gauche fumait encore, et de violentes sensations de brûlures courraient le long de ma nuque et de mon torse, tandis que le poison crée par l'eau continuait de traverser mon corps.
Au bout de plusieurs minutes de marche laborieuse et difficile, sans avoir croiser quiconque, un souffle d'air frais caressa mon visage. La lumière se faisait plus importante dans les couloirs, et l'odeur discrète de la rosée matinale apparaissait parmi celle de la mort et du sang, du brûlé et de la fumée. Une sortie ?
Je pressais le pas, autant que me le permettait mon critique et lamentable état. Claudiquant comme un soldat mutilé, je cherchais de ma main droite le mur, guettant un appui. Elle ne rencontra que le vide, tandis que l'élan me projetait vers le sol. La rencontre avec la pierre froide m'arracha un gémissement. Mon être tout entier me faisait souffrir, ma vue se troublait, et du sang bouillonnait à la commissure de mes lèvres. Je ne savait même plus si il s'agissait ou non du mien.
L'esprit plongé dans la brume, je rampais vers la source lumineuse du petit matin. Je n'y avais aucun espoir de survie, mais je m'accrochais à cette lumière, comme un ange déchu la regarde s'éloigner de sa main tendue. L'enfer de l'inconscience m'acceuilla pourtant, tandis que mes yeux se voilèrent. Le brouillard eu raison de moi avant que je n'ai atteint la campagne au dessus de laquelle le soleil brillait déjà.

Dernière modification de Caelir, 23.03.2014 à 18:21
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